TL7 : André Laurent se retire

Politique42.fr révèle que l’ancien industriel a décidé de ne plus investir dans la chaîne ligérienne. Il devrait officialiser sa décision ce mercredi.

La chaîne locale TL7, regardée par 1 Ligérien sur 3 selon son directeur général, Yves Faure, voit s’envoler le financement privé espéré par ses actionnaires. D’après les informations de Politique42.fr, l’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Etienne/Montbrison et de l’AS Saint-Etienne, André Laurent, prêt à devenir actionnaire, a finalement renoncé. Joint ce mardi soir au téléphone, il confirme l’information et va préciser les raisons de ce retrait dans un communiqué envoyé aux médias ce mercredi. Les salariés de TL7, eux, ont appris la nouvelle mardi.

« Il ne se sentait pas assez soutenu », confie un proche du dossier, évoquant des réticences de la part de certains investisseurs privés qui auraient dû l’accompagner dans le projet. Mais, un autre acteur, installé aux premières loges, ne peut s’empêcher de relever une absence de « réelle volonté » de laisser ce proche du MEDEF de la Loire prendre le contrôle d’une partie de l’actionnariat d’une chaîne financée en grande partie par Saint-Etienne Métropole, agglomération présidée par le sénateur-maire socialiste Maurice Vincent. Pour lui, le dessous de ce dossier est « politique ». Au final, les mondes économique et politique n’ont pas su s’entendre sur la venue de ce nouvel actionnaire.

« Les collectivités n’ont pas vocation à demeurer majoritaires (…) dans le capital de TL7 ».
Michel Vincendon, président de la chaîne

L’industriel ligérien André Laurent, ancien patron-fondateur d’André Laurent SAS, société de fabrication de boulons et de pièces mécaniques créée en 1967, avait pourtant fait une offre de 200.000 euros (1) à Michel Vincendon, président de la chaîne et vice-président de l’agglomération stéphanoise en charge du Budget et des Ressources humaines. Une offre qui tombait à pic. Les collectivités de Loire Sud, dont Saint-Etienne Métropole et Loire Forez, mais aussi le conseil général, participent jusqu’à présent à hauteur de 630.000 euros sur un budget total de 1,4 millions d’euros. Mais, considérant que ce n’est pas le rôle des élus de diriger une chaîne, elles souhaitent faire plus de place aux capitaux privés.

Michel Vincendon avait déjà expliqué dans les colonnes des Petites Affiches de la Loire que « les collectivités n’ont pas vocation à demeurer majoritaires (…) dans le capital de TL7 » (2). Les fonds publics devaient simplement permettre de lancer la télé. 18 ans après, « il est temps de passer la main », raconte l’un des connaisseurs du dossier au sein d’une institution ligérienne. Sans compter que le fonctionnement de la télé, chaque année, a un coût pour les collectivités, dans un contexte plutôt favorable à la rigueur budgétaire.

TL7 a pourtant de quoi attirer les investisseurs, avec un équilibre budgétaire atteint en 2010, un fort engagement des collectivités et un potentiel de 630.000 téléspectateurs.

Le retrait de l’offre d’André Laurent apparait comme une mauvaise nouvelle, après la marche arrière déjà enclenchée par un autre actionnaire potentiel, Jean Munster, en 2010. Avec des investisseurs privés et des élus qui ont du mal à trouver un terrain d’entente, la chaîne se retrouve dans une situation compliquée. Elle est pourtant parvenue à l’équilibre en 2010 – une performance dans le monde des télés locales – « grâce à une régie efficace et une politique drastique d’économie » (3). Que réserve l’avenir ? L’annonce d’André Laurent ce mercredi devrait entraîner la convocation d’une assemblée générale des actionnaires.

Pour l’instant, une convention de moyens et d’objectifs lie la SAEM Loire Télé (TL7) et les collectivités sur trois ans. Et après ? De nouveaux investisseurs vont-ils à leur tour faire connaitre leur intérêt pour une chaine prometteuse, selon son directeur général Yves Faure (photo ci-contre), qui évoque un potentiel de 630.000 téléspectateurs ? Réponse dans les prochains mois. Maxime Petit

  1. Revue InterMédia, décembre 2011.
  2. Mai 2011.
  3. Article sur le site Zoomdici.fr (novembre 2011)

D’AB7 à TL7 !
Née sous le nom d’AB7 en 1994, TL7 est basée à Andrézieux-Bouthéon, et emploie 12 salariés et une trentaine de pigistes intermittents. Diffusée sur le câble au départ, Télévision Loire 7 a franchi le cap de la télévision numérique terrestre (TNT) en 2011. La chaîne rassemble aujourd’hui 230.000 téléspectateurs.

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2 réflexions au sujet de « TL7 : André Laurent se retire »

  1. Ping : TL7 : les raisons du retrait d’André Laurent | Politique 42

  2. Qui regarde vraiment cette chaine d’un autre temps ? Réponse: celles et ceux qui y sont invités… et quelques personnes âgés.

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