« Le travail de rénovation a aujourd’hui un goût d’inachevé »

Paul CorrierasPaul Corrieras, président du Comité des quatre quartiers (Beaulieu, Montchovet, La Marandinière et La Palle) à Saint-Etienne, et délégué départemental du Nouveau Centre (membre de l’UDI).

Quelle est votre analyse des évolutions et des problèmes majeurs sur ces quartiers stéphanois ?
Les quartiers sud-est de Saint-Etienne ont connu des mutations urbaines importantes depuis 15 ans, mais le travail de rénovation a aujourd’hui un goût d’inachevé. En effet, l’offre commerciale est depuis des années en souffrance et nous subissons progressivement le départ de tous les services de proximité. Par exemple, à la fin de l’année, malgré notre mobilisation, le bureau de poste de Montchovet lui aussi disparaîtra pour être relocalisé sur le quartier de Montplaisir. Il nous semble donc urgent de changer de braquet en accélérant les nouvelles études en cours afin de créer une nouvelle polarité commerciale autour d’une moyenne surface aux tarifs accessibles sur le boulevard de La Palle.

En outre, en décembre dernier, nous avons écrit à Madame la préfète de la Loire afin de dénoncer certains comportements et dérives inacceptables qui inquiètent les habitants. Mettre des mots sur les maux est pour nous le seul moyen de cibler les problèmes, de souligner aussi le travail accompli et d’envisager de nouvelles actions à plus long terme, pas seulement sécuritaires, avec les interlocuteurs compétents.

Par ailleurs, parmi les réussites à souligner, la réalisation du centre nautique des quartiers sud-est, rue de Terrenoire, qui doit ouvrir ses portes au mois de juillet prochain, montre qu’un projet patiemment concerté à toutes les chances d’aboutir… Et, notre comité y est aussi pour quelque chose ! En tous les cas, depuis 12 ans, l’objectif du Comité des quatre quartiers reste le même : tout mettre en œuvre pour que les attentes et les besoins de chacun soient entendus, et ce grand chantier de la « démocratie participative » ne fait que commencer.

Quel regard portez-vous sur le fonctionnement des conseils de quartier ?
La création de conseils de quartiers est obligatoire dans les villes de plus de 80 000 habitants depuis la loi de février 2002 qui vise à faciliter la mise en place d’une nouvelle démocratie de proximité. Ces conseils constituent donc un outil indispensable à la démocratie locale, mais encore faut-il qu’ils soient mis au service d’un véritable projet de territoire et qu’ils mobilisent tous les acteurs et forces vives des quartiers concernés. Sur les quartiers sud-est, au-delà de petits aménagements utiles au quotidien, cette réflexion d’ensemble manque indubitablement !

Il faut selon moi « déverrouiller » par exemple les commissions permanentes en redonnant toutes leur place aux associations locales qui devraient pouvoir être présentes en fonction des problématiques abordées. Une autre priorité est de se donner vraiment les moyens de rejoindre les adolescents et les jeunes adultes (15-25 ans) qui ne se sentent pas assez concernés. Il me semble que le fonctionnement actuel renvoie davantage à une démocratie représentative délocalisée (les élus imposant l’ordre du jour) qu’à une véritable démocratie participative conduisant à une concertation active et continue, voire à une « co-production », dans la construction des projets.

L’enjeu majeur est bien d’arriver à anticiper et gérer les conflits au lieu de tenter de les contourner en mettant les habitants devant le fait accompli. Le meilleur exemple est celui du projet municipal d’implantation d’un centre funéraire-crématorium sur le site de l’ancienne piscine de la Marandinière sans aucune concertation. Ce projet d’ampleur n’a jamais été présenté en commission permanente et encore moins mis à l’ordre du jour du conseil de quartier n°13. Bilan : le problème a été traité hors conseil de quartier à l’occasion d’une réunion publique organisée par notre association, dénoncé massivement par les habitants présents et finalement abandonné. Dans ce cas d’école, à quoi a servi le dispositif municipal de démocratie de proximité ? Nos concitoyens se déplaceront forcément de moins en moins s’ils se sentent de moins en moins écoutés !

Vous êtes membre de l’UDI (Union des démocrates et indépendants). Comment préparez-vous les municipales de 2014 ?
Je suis délégué départemental de la fédération Nouveau Centre de la Loire depuis septembre 2012 et vice-président de l’UDI 42. A ce titre, je suis donc résolument engagé, avec les responsables des autres partis fondateurs, dans la construction de l’UDI ligérienne qui connaîtra ses premières élections internes au printemps. Le Nouveau Centre veillera à ce que ce processus électoral soit exemplaire et organisé en totale transparence. Cette période de gestation est importante car l’enjeu est de taille. Face à la crise majeure que nous traversons, l’UDI se doit de recréer un espoir en faisant émerger une nouvelle génération de responsables capables de mettre fin aux querelles stériles porteuses de discrédit et de résignation. Jamais les attentes n’ont été aussi fortes envers les politiques de tous bords et la défiance aussi grande ! A nous de faire de L’UDI le parti de la proximité et de la modernité.

Concernant les élections municipales de 2014, nous travaillons à des propositions simples et concrètes afin d’améliorer le quotidien des habitants tout en inscrivant notre réflexion dans de véritables projets de territoire respectant les particularités et les atouts des quartiers concernés. Il nous reste quelques mois pour bâtir l’union que nous devons aux Stéphanoises et aux Stéphanois et ouvrir un nouvel horizon pour notre ville. Il me semble donc indispensable de nous concentrer sur les véritables attentes de nos concitoyens en leur redonnant la parole, sans nous laisser aveugler par la question du leadership. Pour choisir celui ou celle qui conduira la liste, des primaires ou autres sondages de notoriété me semblent d’ailleurs inutiles car seule la capacité à rassembler les familles de l’opposition républicaine me paraît déterminante.

Aujourd’hui, une dynamique d’union existe au sein du principal groupe d’opposition (Union pour l’avenir des Stéphanois – UDI, UMP et non-inscrits), il me paraît primordial de l’amplifier en dépassant les seules logiques partisanes. Cette union est plus que jamais une nécessité dès le premier tour. A chacun de prendre ses responsabilités afin qu’une solution soit trouvée localement. Bien entendu, comme beaucoup des Stéphanoises et de Stéphanois, j’attends et je considère le retour de Michel Thiollière au premier plan de la scène politique locale comme une chance pour notre ville. Nous avons plus que jamais besoin de son expérience ainsi que de sa force de conviction et de réflexion. Comme il l’écrit lui-même : « pour agir au plus près tout en fixant un regard d’espoir sur l’horizon », il sait qu’il peut dès à présent compter sur nous.

Propos recueillis par Patrick Françon

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5 réflexions au sujet de « « Le travail de rénovation a aujourd’hui un goût d’inachevé » »

  1. Le retour de Michel Thiollière… une grande chance pour la gauche ! Le match a déjà été perdu ! Pourquoi vouloir le rejouer ?

  2. Il y a tout à craindre d’un match retour, en 2014, qui ne ferait le jeu que du FN et du PS….une sorte de remake de l’élection présidentielle de 2002 dont serait éjectée la droite républicaine et le centre droit…..

  3. L’analyse de Paul Corrieras sur les quartiers de Saint-Etienne et plus généralement sur la ville est juste et motivée. La volonté d’une démocratie participative va dans le bon sens, et est aujourd’hui une demande réelle des citoyens.
    La deuxième partie des propos de cet interview portant sur les municipales démarre par la volonté de voir émerger une nouvelle génération, à savoir celle des quadragénéaires à l’image des responsables politiques des grands partis politiques. Mais pourquoi sortir du chapeau un Michel Thiollière qui a fait son temps, qui a été battu aux dernières municipales, qui a su redonner une dynamique à Saint-Etienne mais qui s’est perdu dans la gestion financière. Bientôt l’UDI va nous sortir François Rochebloine, l’autre battu. Ces personnes dites responsables se verraient mieux dans le rôle d’accompagnateurs de la nouvelle génération.
    Bref, l’avenir réside dans une équipe vivante, prête à s’investir pour le bien de la collectivité et non pour des raisons particulières ou partisanes.

  4. Maintenant, si le mandat de Michel Thiollière à la CRE est prolongé, ce type d’analyse n’a plus cours…..une équipe jeune, renouvelée, non marquée par les querelles du passé…..cela ne laisse guère de doutes sur l’identité de celui qui conduira la liste en 2014 et qui préside déjà aux destinées du groupe d’opposition municipale L’Union pour l’Avenir des Stéphanois UDI-UMP-Non Inscrits

  5. Maintenant que le mandat de Michel Thiollière à la Commission de Régulation de l’Energie serait prolongé d’un an, donc de février 2015 à février 2016, l’hypothèse d’un retour de l’ancien maire s’éloigne…..il faut toujours faire attention avant d’affirmer certaines choses…..

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