Locaux, actionnaires… : TL7 fait peau neuve

En avant-première, Politique42.fr vous dévoile les évolutions en cours dans la chaîne ligérienne. L’actionnariat privé va être renforcé, du matériel acheté et  son  directeur général, Yves Faure, ne manque pas d’ambition.

TL7 va vivre une mini-révolution. La dernière assemblée générale des actionnaires a approuvé, vendredi 29 juin, la mise sur les rails d’un nouveau projet pour la chaîne ligérienne créée en 1994. Après les échecs successifs des dossiers des investisseurs Jean Munster et André Laurent (notre article), l’heure est à l’entrée au capital d’une quarantaine d’actionnaires. Parmi eux, de grosses entreprises (comme SAM Outillage), et de plus modestes (PME, PMI, artisans et commerçants).
« Un joli reflet de la population économique de la Loire »
, souligne Yves Faure, l’actuel directeur général de TL7, qui leur voit en commun « la volonté de mettre en valeur le territoire ». Le tarif minimum pour devenir actionnaire s’élève à 5 000 euros, avec un objectif global fixé à 200 000 euros.

Dans le nouveau projet, la part des collectivités locales passera à 33% dans le capital.

La chaîne va passer d’une quinzaine d’actionnaires privés actuellement à une soixantaine, en plus des collectivités locales. Ces dernières (notamment les agglomérations de Saint-Etienne, Loire-Forez et le conseil général de la Loire) vont voir leur part réduite à 33% dans la chaîne. Une mutation qui devrait donc satisfaire Michel Vincendon, président de TL7 et vice-président de Saint-Etienne Métropole, pour qui « les collectivités n’ont pas vocation à demeurer majoritaire ».

Le statut juridique de TL7, actuellement société d’économie mixte (SAEM Loire Télé), va aussi évoluer. Une SARL va naître et sera la holding d’une société anonyme (SA) ou d’une société par actions simplifiée (SAS). « On va faire un emprunt de
300 000 euros pour le renouvellement du matériel »
, annonce également Yves Faure. Le premier achat aura lieu avant le 1er septembre. Le directeur général confie aussi être en quête de nouveaux locaux pour la chaîne, actuellement installée dans 700 m² à Andrézieux-Bouthéon, avec un déménagement envisagé avant la fin de l’année. Plusieurs pistes ont d’ailleurs été évoquées : le centre d’entraînement de l’ASSE à L’Etrat ou encore le parc technologique Métrotech à Saint-Jean-Bonnefonds.

 Il faut arrêter de se dire « TL7 ça coûte », mais « TL7 ça rapporte » ! Yves Faure, directeur général

Sur le plan du personnel, « on reste exactement avec les mêmes personnes », assure Yves Faure. TL7 emploie actuellement 12 salariés et une quarantaine de pigistes et d’intermittents. Pour les programmes, une tranche de 2 heures d’info en continu pourrait être mise en place dès janvier 2013, dans la lignée des grandes sœurs nationales BFM TV et i>Télé, mais « à notre manière à nous ». Objectif : « utiliser beaucoup plus notre travail », selon Yves Faure, qui précise qu’aujourd’hui 50% des rushes sont jetés. « Il faut que l’on soit très fort sur l’info, mais aussi sur le documentaire et le patrimoine. » La chaîne veut aussi être accessible avec toutes les box Internet début 2013, et souhaite étendre sa zone de diffusion, notamment sur le Roannais et l’Yssingelais.

Dans la foulée du retrait de l’offre d’André Laurent, Yves Faure dit avoir « pris le taureau par les cornes pour avancer rapidement sur le dossier ». Aujourd’hui, les choses s’accélèrent après l’accord des actionnaires et tout doit être « bouclé d’ici fin septembre ». « On a montré que l’on savait équilibrer cette chaîne. On a un modèle, et on sait que l’on peut le tenir. » Pour Yves Faure, il faut arrêter de se dire « TL7 ça coûte », mais plutôt « TL7 ça rapporte » ! Selon le directeur, « on ne se rend pas compte de toute la mémoire d’images, tout ce qui est véhiculé. Ce sont des milliers d’heures de mise en valeur du territoire. » Après des périodes de doute, la chaîne des Ligériens devrait souffler plus sereinement ses 18 bougies le 7 septembre prochain, à Andrézieux-Bouthéon.

Maxime Petit

TL7 : les raisons du retrait d’André Laurent

Confirmant les informations révélées mardi soir par Politique42.fr (notre article complet), l’ancien président de la CCI de Saint-Etienne/Montbrison et de l’ASSE, André Laurent, officialise ce mercredi son retrait du projet TL7, suivi en ce sens par les « investisseurs, industriels, juristes, financiers, professionnels de la communication et du marketing »,  qui étaient réunis autour de lui dans cette aventure, précise un communiqué. Dans le texte, la responsabilité des collectivités locales, principales actionnaires (630.000 euros sur 1,4 millions de budget de la chaîne), est soulignée. L’avenir de TL7 « ne pouvait se construire sans la volonté des collectivités locales de s’investir de façon pérenne », précise le document, au nom d’André Laurent et de son groupe de partenaires. Ces derniers constatent que « cet engagement, condition essentielle de mise en œuvre du dossier, n’existe pas ».

André Laurent et ses partenaires se basent sur « l’analyse des positions exprimées depuis quelques mois ». L’un des points déterminants étant « l’exclusion » de TL7 du pôle médias, dont l’ouverture est prévue à l’automne 2012 sur le site de la Manufacture à Saint-Etienne. L’association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA) va y ouvrir une plateforme de recherche et de formation sur les médias et les rédactions du futur, l’International Rhône-Alpes Médias. La chaîne régionale France 3 et la nouvelle antenne de France Bleu sont également attendues dans ce pôle. « Le Groupe [André Laurent et ses partenaires, ndlr] espérait que sa demande, faite à l’automne dernier, de voir TL7 intégrée comme un acteur du Pôle du Multimédia serait prise en compte. Dans l’attente d’une réponse, les interventions de politique générale, faites depuis début 2012, par le président de Saint-Etienne Métropole, ont exclu TL7 du grand dossier du Pôle. En revanche FR3 est citée aux côtés d’autres acteurs nationaux des médias », note le communiqué. A cela s’ajoute « le refus récent de points du projet de protocole que le Groupe considère comme essentiels ».

André Laurent et ses partenaires évoquent ainsi un « désaccord de fond sur la mission territoriale de TL7 » et considèrent qu’il serait « irresponsable (…) d’entrainer TL7 et ses collaborateurs dans un projet dont la dimension n’est pas partagée par les collectivités locales et qui mettrait en danger, par cette carence, la pérennité de la télévision ». M. P

Retrouvez l’ensemble des enjeux de ce dossier dans notre article complet : cliquer ici.

TL7 : André Laurent se retire

Politique42.fr révèle que l’ancien industriel a décidé de ne plus investir dans la chaîne ligérienne. Il devrait officialiser sa décision ce mercredi.

La chaîne locale TL7, regardée par 1 Ligérien sur 3 selon son directeur général, Yves Faure, voit s’envoler le financement privé espéré par ses actionnaires. D’après les informations de Politique42.fr, l’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Etienne/Montbrison et de l’AS Saint-Etienne, André Laurent, prêt à devenir actionnaire, a finalement renoncé. Joint ce mardi soir au téléphone, il confirme l’information et va préciser les raisons de ce retrait dans un communiqué envoyé aux médias ce mercredi. Les salariés de TL7, eux, ont appris la nouvelle mardi.

« Il ne se sentait pas assez soutenu », confie un proche du dossier, évoquant des réticences de la part de certains investisseurs privés qui auraient dû l’accompagner dans le projet. Mais, un autre acteur, installé aux premières loges, ne peut s’empêcher de relever une absence de « réelle volonté » de laisser ce proche du MEDEF de la Loire prendre le contrôle d’une partie de l’actionnariat d’une chaîne financée en grande partie par Saint-Etienne Métropole, agglomération présidée par le sénateur-maire socialiste Maurice Vincent. Pour lui, le dessous de ce dossier est « politique ». Au final, les mondes économique et politique n’ont pas su s’entendre sur la venue de ce nouvel actionnaire.

« Les collectivités n’ont pas vocation à demeurer majoritaires (…) dans le capital de TL7 ».
Michel Vincendon, président de la chaîne

L’industriel ligérien André Laurent, ancien patron-fondateur d’André Laurent SAS, société de fabrication de boulons et de pièces mécaniques créée en 1967, avait pourtant fait une offre de 200.000 euros (1) à Michel Vincendon, président de la chaîne et vice-président de l’agglomération stéphanoise en charge du Budget et des Ressources humaines. Une offre qui tombait à pic. Les collectivités de Loire Sud, dont Saint-Etienne Métropole et Loire Forez, mais aussi le conseil général, participent jusqu’à présent à hauteur de 630.000 euros sur un budget total de 1,4 millions d’euros. Mais, considérant que ce n’est pas le rôle des élus de diriger une chaîne, elles souhaitent faire plus de place aux capitaux privés.

Michel Vincendon avait déjà expliqué dans les colonnes des Petites Affiches de la Loire que « les collectivités n’ont pas vocation à demeurer majoritaires (…) dans le capital de TL7 » (2). Les fonds publics devaient simplement permettre de lancer la télé. 18 ans après, « il est temps de passer la main », raconte l’un des connaisseurs du dossier au sein d’une institution ligérienne. Sans compter que le fonctionnement de la télé, chaque année, a un coût pour les collectivités, dans un contexte plutôt favorable à la rigueur budgétaire.

TL7 a pourtant de quoi attirer les investisseurs, avec un équilibre budgétaire atteint en 2010, un fort engagement des collectivités et un potentiel de 630.000 téléspectateurs.

Le retrait de l’offre d’André Laurent apparait comme une mauvaise nouvelle, après la marche arrière déjà enclenchée par un autre actionnaire potentiel, Jean Munster, en 2010. Avec des investisseurs privés et des élus qui ont du mal à trouver un terrain d’entente, la chaîne se retrouve dans une situation compliquée. Elle est pourtant parvenue à l’équilibre en 2010 – une performance dans le monde des télés locales – « grâce à une régie efficace et une politique drastique d’économie » (3). Que réserve l’avenir ? L’annonce d’André Laurent ce mercredi devrait entraîner la convocation d’une assemblée générale des actionnaires.

Pour l’instant, une convention de moyens et d’objectifs lie la SAEM Loire Télé (TL7) et les collectivités sur trois ans. Et après ? De nouveaux investisseurs vont-ils à leur tour faire connaitre leur intérêt pour une chaine prometteuse, selon son directeur général Yves Faure (photo ci-contre), qui évoque un potentiel de 630.000 téléspectateurs ? Réponse dans les prochains mois. Maxime Petit

  1. Revue InterMédia, décembre 2011.
  2. Mai 2011.
  3. Article sur le site Zoomdici.fr (novembre 2011)

D’AB7 à TL7 !
Née sous le nom d’AB7 en 1994, TL7 est basée à Andrézieux-Bouthéon, et emploie 12 salariés et une trentaine de pigistes intermittents. Diffusée sur le câble au départ, Télévision Loire 7 a franchi le cap de la télévision numérique terrestre (TNT) en 2011. La chaîne rassemble aujourd’hui 230.000 téléspectateurs.