« Des listes dans toutes les grandes villes de la Loire »

Gabriel de PeyrecaveGabriel de Peyrecave, candidat du Front national aux élections municipales de Saint-Etienne en 2014.

Le Front national veut augmenter considérablement son nombre de conseillers municipaux. Quel est l’objectif stéphanois ?
Le Front National va incontestablement atteindre des scores historiques lors des prochaines échéances électorales. Nous allons présenter des listes dans toutes les grandes villes de la Loire, et participer aux élections dans de nombreux villages. J’ai l’honneur d’avoir été désigné comme tête de liste à Saint-Étienne. La liste que je conduirai est pratiquement complète et rassemble des personnalités très diverses, mais qui ont toute en commun la volonté résolue de faire enfin aboutir nos idées et mettre en œuvre notre programme. Beaucoup de colistiers participent à des formations très élaborées organisées régulièrement au siège du FN à Nanterre. C’est dire la détermination et le sérieux de notre personnel politique. Nous voulons être prêts pour nous mettre au service des Stéphanois. Nous visons sinon la victoire, qui compte tenu des circonstances est envisageable, du moins un nombre d’élus important qui sauront avec pertinence défendre nos compatriotes au sein du conseil.

La gauche dénonce un rapprochement UMP-FN. Qu’en est-il ?
Il n’y a pas ce type de rapprochement. La gauche impuissante et incohérente ressasse toujours les mêmes fadaises, la même logorrhée. Nous n’avons de cesse de dénoncer la collusion entre l’UMP et le PS qui sont les deux visages d’un même échec. Ce qui est vrai par contre c’est que de nombreux électeurs de l’UMP nous rejoignent, comme d’ailleurs beaucoup de déçus de la gauche. Le nombre de nos adhésions est inédit. Les Ligériens comme l’ensemble des Français sont avides de changement.

Sur quels thèmes allez-vous mener campagne ?
Nous allons axer notre campagne principalement sur la fiscalité, la sécurité et la maîtrise de la dépense publique. Ce sont des thèmes pour lesquels une municipalité a de vraies possibilités d’intervention. Nous aborderons tous les sujets, c’est d’ailleurs pourquoi, d’ores et déjà, je réunis régulièrement mes colistiers. Nous mettons en place des stratégies concernant l’habitat, le transport, l’environnement, la culture, le problème que représentent les Roms. Notre ville est défigurée, exsangue par la faute des majorités qui se sont succédées. Nous allons faire des propositions concrètes à nos compatriotes stéphanois qui aspirent à un changement de politique résolu.

 Propos recueillis par Patrick Françon

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« Il faut éviter un accident dramatique »

Gilles Rossary Lenglet 2013Gilles Rossary Lenglet, secrétaire départemental du Mouvement républicain et citoyen de la Loire.

Comment vivez-vous le durcissement du débat sur le mariage pour tous ?
L’homme politique que je suis va vous dire qu’il trouve intolérable la manière dont certains essaient de dresser les Français les uns contre les autres. Ensuite le républicain que je n’ai jamais cessé d’être, est furieux et préoccupé de cette montée de la violence, de l’irresponsabilité des meneurs des « antis » et des politiques qui les suivent, envers le danger qu’ils osent « joyeusement » faire prendre à notre démocratie. Enfin l’homme et l’homosexuel que je suis est catastrophé de voir trente années de lutte contre l’homophobie être ainsi réduites à néant pour servir les ambitions personnelles de certains, les visées électoralistes d’autres et l’ignorance de beaucoup. Mon sentiment général est la colère de ce gâchis français.

Pourquoi cette différence française ?
La réponse est difficile car multiple. Premièrement il est impossible d’enlever cette crispation de la crise économique que nous vivons. Lorsqu’un pays vit ce que la France traverse depuis 2008, ses habitants sont dans des états traumatiques qui demandent la désignation de fautifs, de victimes expiatoires ; on a eu les Roms, on a maintenant les homosexuels. Il y a malheureusement de grandes chances que de nouvelles populations paient le lourd tribut de la « différence » dans un avenir proche.

Ensuite, il y a l’action de Nicolas Sarkozy en tant que ministre puis président de la République. Que l’on soit d’accord avec lui ou non, il avait une vision pour la France, il voulait installer le modèle américain libéral des années 1980 de Ronald Reagan. Et pour cela il a fait exploser tous les garde-fous en tentant d’imposer un communautarisme impropre à la tradition française. Nous n’avons ni la mentalité, ni les réflexes anglo-saxons, et la construction approximative de cette nouvelle société nous amène à une République dissoute où les liens qui nous unissaient ont presque complètement disparu pour nous laisser dans une situation « bâtarde ». Nous savons ce que nous fûmes mais n’arrivons pas à imaginer ce que nous pourrions devenir. Résultat, certains se replient contre « l’autre » en général, d’autres renient notre spécificité laïque ou s’engouffrent dans un clientélisme effréné.

Enfin, dès le début des années 1990, une certaine frange de la droite (alliage improbable de néoconservateurs et de maurassiens) a identifié les cibles pour faire sauter les verrous que la « pensée de gauche » aurait installés en France. Ils ont théorisé et mis en action des contre-feux. Le pire fut le dévoiement de la pensée de Voltaire résumée dans cette fameuse phrase qu’on lui attribue à tord : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». La boîte de Pandore était ouverte. Cela permit de clouer au pilori le « politiquement correct ». On fit passer pour de la censure et de l’embrigadement intellectuel ce qui est en fait le ciment du vivre ensemble. Car ne pas insulter l’autre, ne pas le nier, ne pas le rabaisser, ne pas l’agresser c’est ce qui permet de faire une société qui avance, qui progresse. En conséquence des chroniqueurs nauséabonds sont devenus les hérauts de notre sociétés, foulant toutes les valeurs de notre pays et sous les applaudissements en plus ! Etre raciste, antisémite, sexiste, homophobe est perçu pour beaucoup comme un courant de pensée. Je vous rappelle que nous avons des lois dans ce pays et que ce sont des délits.

Que proposez-vous pour sortir de cette spirale ?
Du dialogue, de l’intelligence et de la fermeté. Du dialogue en continuant à expliquer ces lois, leur cheminement historique de plusieurs décennies, leur impact réel sur la société ; combattre la désinformation dramatique que certains propagent.

De l’intelligence, il est temps que les gens redeviennent responsables envers leur pays en arrêtant de ne pas condamner les dérives des extrémistes qui, je vous le signale, défilent avec eux. On ne peut pas vouloir agir pour « sauver la France » et accepter des personnes marchant en faisant le salut fasciste en pleine rue. Il faut aussi cesser d’instrumentaliser les enfants. Ces familles scandent que les homosexuels ne seront pas de « bons » parents et font prendre des risques impardonnables aux leurs. La radicalisation de certains doit obliger tout le monde à la prudence et à la responsabilité de ses actes.

La fermeté, car après les tentatives de dialogue, la seule réponse doit être le respect des lois de la République ; en condamnant les propos homophobes et incitant à la haine, en demandant un rappel à la loi, la condamnation des parents faisant prendre délibérément des risques à leurs enfants et la dissolution des groupuscules extrémistes. Il n’y a pas de possible retour à la concorde dans notre pays sans faire respecter l’état de droit. Il faut dialoguer mais il faut aussi faire comprendre que l’irresponsabilité a ses limites. J’en appelle d’ailleurs aux leaders politiques, religieux et associatifs pour travailler à un retour au calme et surtout à l’arrêt de l’instrumentalisation des enfants. Il faut éviter un accident dramatique qui ne pourrait qu’attiser des brasiers catastrophiques pour notre département et pour notre pays.

Propos recueillis par Patrick Françon

« Nous pouvons faire de 2014 l’année du renouveau stéphanois »

Gaël Perdriau - septembre 2012Gaël Perdriau, président du groupe municipal d’opposition « Union pour l’avenir des Stéphanois UDI, UMP, Non-inscrits », et candidat UMP aux municipales à Saint-Etienne.

Pourquoi ce lancement de candidature un an avant l’échéance ?
C’est une décision mûrement réfléchie. Je la prends maintenant, car le débat dont les Stéphanois ont besoin ne peut pas se faire en trois mois. Il y a une vraie attente pour 2014. Les Stéphanois en ont assez de cette municipalité socialiste qui ne les écoute pas, qui a fait exploser les impôts sans pour autant améliorer le cadre de vie. Ils attendent ces élections avec impatience et je veux leur donner la parole.

Le moment est donc venu de prendre mes responsabilités pour porter un projet alternatif et de rassemblement. D’ailleurs, cette volonté de rassemblement se retrouve dans les premiers soutiens que j’ai enregistré, Laurent Wauquiez, Dino Cinieri, l’association « Saint-Etienne 2014 » par son vice-président Michel Béal, ou encore Patrick Guillou tout comme Corinne L’Harmet-Odin, Jean-Jacques Rey, mes collègues élus qu’ils soient non-inscrits ou membres de l’UDI.

Ces soutiens constituent le socle solide de ma candidature. Je remercie d’ailleurs tous ceux qui m’ont témoigné leur sympathie et apporté leur confiance ces derniers jours. Ces soutiens, sincères et spontanés, m’ont beaucoup touché et ont renforcé, encore un peu plus, ma détermination. Je sais qu’ensemble, uni et soudé, derrière ma candidature, nous pouvons faire de 2014 l’année du renouveau stéphanois.

Comment comptez-vous parvenir à une liste unique de la droite et du centre ?
J’ai l’honneur de présider le principal groupe d’opposition dans lequel se retrouvent diverses sensibilités politiques (UDI, UMP, non-inscrits). J’ai toujours prôné l’union et œuvré en ce sens ces dernières années, que ce soit au moment des élections cantonales en 2011, ou pendant les élections législatives en 2012, et encore aujourd’hui en préparant les conseils municipaux avec l’autre groupe d’opposition.

Je suis le seul à être en mesure de rassembler le plus largement possible, au-delà des partis politiques et dans le respect de chacun. Compte tenu de la situation dans laquelle se trouve notre ville, la sagesse est de s’inscrire dans mon projet et de rejoindre la dynamique d’union que j’ai impulsée. Nous avons besoin de tous les talents pour redresser la ville, et une liste d’union, dès le 1er tour, c’est se donner les meilleures chances de réussite.

Redoutez-vous la présence d’une liste FN ?
En démocratie, tous les courants politiques peuvent s’exprimer et se présenter aux suffrages des électeurs. La présence d’une liste FN en 2014 ne me fait ni chaud ni froid. La dernière fois que le FN a présenté une liste aux municipales à Saint-Etienne, c’était en 2001, et malgré son maintien au 2nd tour, nous avions remporté l’élection. Les Stéphanois choisiront ceux qui apportent des réponses concrètes et réalistes à leur quotidien.

Propos recueillis par Patrick Françon

Interview réalisée avant la parution du sondage du Parti radical sur les municipales.

« Notre projet municipal sera co-construit avec tous ceux qui le voudront »

Olivier Longeon EELV 42Olivier Longeon, conseiller régional Europe Ecologie Les Verts en Rhône-Alpes.

Qu’attendez-vous du débat public sur la transition énergétique ?
Le débat national sur la transition énergétique dans lequel s’engage notre pays doit changer notre politique énergétique. La France devrait avoir au moins 20% de son électricité d’origine renouvelable en 2020. Notre facture EDF laisse apparaître une petite douzaine de pour cent. Il faut donc quasi doubler notre capacité de production tant pour l’hydraulique, que l’éolien ou le solaire. Si nous ne le faisons pas, nous participerons à l’augmentation d’au moins 1°C de la température moyenne du globe en 2020.

Pour réaliser une centrale hydraulique, il faut en moyenne 10 ans, 7 ans pour une centrale éolienne, au moins 24 mois pour un centrale photovoltaïque. Le débat national sur la transition énergétique doit lever les blocages en pensant aux autres usages de notre nature. Saint-Etienne Métropole compte plusieurs barrages d’adduction d’eau, très peu sont dotés d’une centrale hydraulique de production électrique. Nous avons donc un potentiel important à exploiter. Au Gouffre d’enfer, on pourrait coupler les 2 barrages à une éolienne (pas forcément installée à proximité). Il s’agirait de fabriquer de l’électricité avec la force motrice du barrage amont du Pas du Riot en le laissant se vider dans le barrage du Gouffre d’Enfer. L’éolienne servirait à remonter l’eau du Gouffre d’enfer dans le Pas du Riot. Ainsi c’est une source d’électricité propre presque perpétuelle que l’on exploiterait.

Il faut aussi lancer une vraie politique d’isolation des logements et bâtiments en France. Notre ministre du logement Cécile Duflot fait des propositions dans ce sens avec sa collègue Delphine Batho. Une des solutions pour basculer dans un monde économe en énergie réside dans les « réseaux intelligents ». C’est-à-dire la connexion électrique individuelle télécommandée pour utiliser l’électricité au meilleur moment et l’économiser le reste du temps. Sous l’impulsion du vice-président EELV au plan climat du Grand Lyon, la ville de Lyon teste actuellement le réseau japonais Nedo. Il a permis aux Japonais d’économiser 40% de leur consommation électrique. Ce système coupe automatiquement l’électricité quand on n’en utilise pas mais , par exemple, nos appareils restent en veille. Nous organisons une conférence le Jeudi 4 avril à 20h avec Jean Desessard, sénateur EELV, auteur du rapport sur le coût de l’électricité, pour présenter nos solutions pour la transition énergétique et échanger avec les stéphanois sur ces projets.

Quelles sont vos priorités dans l’acte 3 de la décentralisation ?
Nous espérons que la répartition des compétences administratives entre collectivités sera meilleure. Par exemple, nous souhaitons ne plus avoir tous les échelons de collectivités qui s’occupent d’économie, mais que cette politique soit confiée à la Région, de même pour les transports en commun interurbains. Les collectivités y gagneraient en efficacité. Malheureusement, nous craignons que tous les conservatismes d’élus locaux bloquent ce dispositif en négociation au sein de l’assemblée et du sénat.

Nous souhaitions aussi des élections directes et proportionnelles des élus des collectivités donc le scrutin proportionnel de listes, à l’exemple du scrutin régional tant pour les communes, que pour les intercommunalités et les conseils généraux. Une vraie avancée aurait été de supprimer les départements, mais les sénateurs n’oseront pas.

Dans votre calendrier politique, quelle est la prochaine échéance ?
Notre planning politique est très chargé. Nous préparons plusieurs conventions nationales de notre mouvement qui auront lieu dans la région à Grenoble, Valence et Cluny, notamment, évidement, une sur la transition énergétique. Nous préparons aussi notre congrès national qui aura lieu à l’automne et sera précédé de notre congrès régional en juin.

Les militants d’EELV travaillent sur la préparation des élections municipales et européennes de mars et juin 2014. Plusieurs réunions de réflexions ont déjà eu lieu à Saint-Etienne : sur notre ancien projet, sur le programme de Maurice Vincent. Dans la phase qui s’engage, des rencontres seront entamées avec des Stéphanois pour discuter des attentes de chacun pour les futures échéances. Notre projet ne doit pas « tomber d’en haut », il doit être discuter avec chacun. Notre projet sera co-construit avec tous ceux qui le voudront.

Les conseillers régionaux font des réunions régulières sur leur bilan de mandat ou sur des thématiques particulières, comme récemment à Roanne sur la Ligne à grande Vitesse POCL.

Propos recueillis part Patrick Françon.

« Le travail de rénovation a aujourd’hui un goût d’inachevé »

Paul CorrierasPaul Corrieras, président du Comité des quatre quartiers (Beaulieu, Montchovet, La Marandinière et La Palle) à Saint-Etienne, et délégué départemental du Nouveau Centre (membre de l’UDI).

Quelle est votre analyse des évolutions et des problèmes majeurs sur ces quartiers stéphanois ?
Les quartiers sud-est de Saint-Etienne ont connu des mutations urbaines importantes depuis 15 ans, mais le travail de rénovation a aujourd’hui un goût d’inachevé. En effet, l’offre commerciale est depuis des années en souffrance et nous subissons progressivement le départ de tous les services de proximité. Par exemple, à la fin de l’année, malgré notre mobilisation, le bureau de poste de Montchovet lui aussi disparaîtra pour être relocalisé sur le quartier de Montplaisir. Il nous semble donc urgent de changer de braquet en accélérant les nouvelles études en cours afin de créer une nouvelle polarité commerciale autour d’une moyenne surface aux tarifs accessibles sur le boulevard de La Palle.

En outre, en décembre dernier, nous avons écrit à Madame la préfète de la Loire afin de dénoncer certains comportements et dérives inacceptables qui inquiètent les habitants. Mettre des mots sur les maux est pour nous le seul moyen de cibler les problèmes, de souligner aussi le travail accompli et d’envisager de nouvelles actions à plus long terme, pas seulement sécuritaires, avec les interlocuteurs compétents.

Par ailleurs, parmi les réussites à souligner, la réalisation du centre nautique des quartiers sud-est, rue de Terrenoire, qui doit ouvrir ses portes au mois de juillet prochain, montre qu’un projet patiemment concerté à toutes les chances d’aboutir… Et, notre comité y est aussi pour quelque chose ! En tous les cas, depuis 12 ans, l’objectif du Comité des quatre quartiers reste le même : tout mettre en œuvre pour que les attentes et les besoins de chacun soient entendus, et ce grand chantier de la « démocratie participative » ne fait que commencer.

Quel regard portez-vous sur le fonctionnement des conseils de quartier ?
La création de conseils de quartiers est obligatoire dans les villes de plus de 80 000 habitants depuis la loi de février 2002 qui vise à faciliter la mise en place d’une nouvelle démocratie de proximité. Ces conseils constituent donc un outil indispensable à la démocratie locale, mais encore faut-il qu’ils soient mis au service d’un véritable projet de territoire et qu’ils mobilisent tous les acteurs et forces vives des quartiers concernés. Sur les quartiers sud-est, au-delà de petits aménagements utiles au quotidien, cette réflexion d’ensemble manque indubitablement !

Il faut selon moi « déverrouiller » par exemple les commissions permanentes en redonnant toutes leur place aux associations locales qui devraient pouvoir être présentes en fonction des problématiques abordées. Une autre priorité est de se donner vraiment les moyens de rejoindre les adolescents et les jeunes adultes (15-25 ans) qui ne se sentent pas assez concernés. Il me semble que le fonctionnement actuel renvoie davantage à une démocratie représentative délocalisée (les élus imposant l’ordre du jour) qu’à une véritable démocratie participative conduisant à une concertation active et continue, voire à une « co-production », dans la construction des projets.

L’enjeu majeur est bien d’arriver à anticiper et gérer les conflits au lieu de tenter de les contourner en mettant les habitants devant le fait accompli. Le meilleur exemple est celui du projet municipal d’implantation d’un centre funéraire-crématorium sur le site de l’ancienne piscine de la Marandinière sans aucune concertation. Ce projet d’ampleur n’a jamais été présenté en commission permanente et encore moins mis à l’ordre du jour du conseil de quartier n°13. Bilan : le problème a été traité hors conseil de quartier à l’occasion d’une réunion publique organisée par notre association, dénoncé massivement par les habitants présents et finalement abandonné. Dans ce cas d’école, à quoi a servi le dispositif municipal de démocratie de proximité ? Nos concitoyens se déplaceront forcément de moins en moins s’ils se sentent de moins en moins écoutés !

Vous êtes membre de l’UDI (Union des démocrates et indépendants). Comment préparez-vous les municipales de 2014 ?
Je suis délégué départemental de la fédération Nouveau Centre de la Loire depuis septembre 2012 et vice-président de l’UDI 42. A ce titre, je suis donc résolument engagé, avec les responsables des autres partis fondateurs, dans la construction de l’UDI ligérienne qui connaîtra ses premières élections internes au printemps. Le Nouveau Centre veillera à ce que ce processus électoral soit exemplaire et organisé en totale transparence. Cette période de gestation est importante car l’enjeu est de taille. Face à la crise majeure que nous traversons, l’UDI se doit de recréer un espoir en faisant émerger une nouvelle génération de responsables capables de mettre fin aux querelles stériles porteuses de discrédit et de résignation. Jamais les attentes n’ont été aussi fortes envers les politiques de tous bords et la défiance aussi grande ! A nous de faire de L’UDI le parti de la proximité et de la modernité.

Concernant les élections municipales de 2014, nous travaillons à des propositions simples et concrètes afin d’améliorer le quotidien des habitants tout en inscrivant notre réflexion dans de véritables projets de territoire respectant les particularités et les atouts des quartiers concernés. Il nous reste quelques mois pour bâtir l’union que nous devons aux Stéphanoises et aux Stéphanois et ouvrir un nouvel horizon pour notre ville. Il me semble donc indispensable de nous concentrer sur les véritables attentes de nos concitoyens en leur redonnant la parole, sans nous laisser aveugler par la question du leadership. Pour choisir celui ou celle qui conduira la liste, des primaires ou autres sondages de notoriété me semblent d’ailleurs inutiles car seule la capacité à rassembler les familles de l’opposition républicaine me paraît déterminante.

Aujourd’hui, une dynamique d’union existe au sein du principal groupe d’opposition (Union pour l’avenir des Stéphanois – UDI, UMP et non-inscrits), il me paraît primordial de l’amplifier en dépassant les seules logiques partisanes. Cette union est plus que jamais une nécessité dès le premier tour. A chacun de prendre ses responsabilités afin qu’une solution soit trouvée localement. Bien entendu, comme beaucoup des Stéphanoises et de Stéphanois, j’attends et je considère le retour de Michel Thiollière au premier plan de la scène politique locale comme une chance pour notre ville. Nous avons plus que jamais besoin de son expérience ainsi que de sa force de conviction et de réflexion. Comme il l’écrit lui-même : « pour agir au plus près tout en fixant un regard d’espoir sur l’horizon », il sait qu’il peut dès à présent compter sur nous.

Propos recueillis par Patrick Françon

« Il est logique d’être partie prenante de majorités locales »

Jean-Luc Bennahmias, MoDem.Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président national du MoDem.

Quelle est la situation de votre club (Ecologie et démocratie) et du réseau « Démocrates dans la majorité présidentielle » par rapport au MoDem ?
Le réseau « Démocrates dans la majorité présidentielle » réunit des militants de la France entière et des élus de grandes villes (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Dijon, Dunkerque, Grenoble, Montpellier, Saint-Etienne, Le Havre, Colmar, Mulhouse, Rouen, Toulouse, Annecy).Dans un certain nombre de villes, les membres du réseau sont en alliance avec la gauche (Grenoble, Montpellier, Aubagne, Marseille), mais dans d’autres endroits, les élus sont alliés avec la droite. C’est le cas à Cannes, Annecy ou encore à Colmar.
Il ne s’agit pas de savoir si les mairies sont dirigées par des démocrates de gauche ou de droite. Il s’agit de voir si, sur les valeurs et les méthodes de travail, les majorités municipales acceptent d’élargir leurs majorités au-delà des postures partidaires. C’est un réseau souple, qui réunit des personnes « modemo-compatibles ».

Souhaitez-vous que vos amis stéphanois intègrent la majorité municipale socialiste en 2014 ?
A Saint-Etienne, c’est déjà le cas. Renée Dumont a rejoint la majorité municipale. Il faut d’ailleurs élargir le réseau stéphanois à Michèle Pérez.

D’une façon plus globale, comment le MODEM doit aborder les municipales de 2014 ?
Sur la stratégie pour les municipales, si on considère que telle ou telle majorité municipale est bien en phase avec une majorité de ses concitoyens, si on considère que les démocrates ont comme prérogatives de participer pleinement à la gouvernance des localités, il est logique d’être partie prenante de majorités locales. Nous n’avons pas vocation à rester minoritaires.
Les démocrates n’ont pas vocation à s’allier avec l’UMP, même si sur une grande ville comme Bordeaux les démocrates sont dans la majorité avec Alain Juppé et qu’ils n’ont aucune raison de changer de majorité. Mais, à Lyon, pour les mêmes raisons, nos amis du réseau ont toutes les raisons de rester et de s’élargir pour peser encore plus dans la majorité autour de Gérard Collomb.

Propos recueillis par Patrick Françon

« Le MoDem est un parti d’avenir »

Samy Kéfi-JérômeSamy Kéfi-Jérôme, coordinateur du Mouvement démocrate (MoDem) dans la Loire.

Quel est l’état des lieux du MoDem ligérien en ce début d’année 2013 ?
Je veux immédiatement dire que le MoDem est un parti avec un avenir. Certes Gilles Artigues a entrainé derrière lui des militants, avec son départ pour l’UDI, mais à la différence d’autres formations politiques, nous gardons une vraie base militante. C’est d’ailleurs grâce à elle que vous me voyez confiant quant à l’influence que garde le MoDem dans le paysage ligérien. Et si je veux résumer la situation : sommes-nous aussi nombreux qu’en 2012 ? Bien entendu que non. Sommes-nous une coquille vide ? Absolument pas. D’ailleurs dans les prochains mois vous allez pouvoir le constater !

Quelle est la situation des gens qui se réclament du réseau « Démocrates dans la majorité présidentielle » par rapport au MoDem ?
Il n’y a pas de « situation ». Ces personnes mélangent tout. François Bayrou, qui aux dernières nouvelles est le « patron » de notre parti, est très clair, les « Démocrates dans la majorité présidentielle » ça n’existe pas. Vous le dites vous-même, vous parlez d’un réseau. Nous sommes dans un état de droit, un réseau n’est pas un parti, un réseau n’est pas démocratique car il ne se fait pas élire, un réseau c’est du lobbying, or je suis un démocrate et un citoyen engagé. Un réseau ne représente en rien politiquement les convictions des électeurs. S’ils veulent réfléchir, proposer, discuter, je suis d’accord mais ils ne peuvent en aucun cas se substituer au parti.
Je peux vous paraître « sec », mais j’avoue en avoir assez de voir cinq personnes, je dis bien cinq personnes, vouloir se substituer à ce qui fait sens en notre pays : la démocratie. Dans notre département, ils avaient perdu les élections internes en 2011 face à Gilles Artigues et se montraient mauvais perdants. Là ils tentent un putsch mais se retrouvent minoritaires. Ils n’existent que parce que certains trouvent utiles de leur faire écho. Pour ma part, je viens ici pour la dernière fois, de parler d’eux. La Loire a bien d’autres problèmes comme l’emploi, l’éducation, la santé que l’avenir politique de personnes qui n’arrivent pas à considérer l’intérêt général supérieur aux leurs.

Quelle est votre feuille de route pour les mois à venir ?
Nous allons pendant toute cette année 2013 produire de l’intelligence. Je m’explique. Il est certain que nous ne pourrons pas présenter des candidats dans toutes les communes de la Loire lors des municipales 2014, cela n’aurait aucun sens. En revanche nous voulons influer sur les programmes autour desquels les listes vont se former en amont ou se retrouver en aval avec nos candidates et candidats. Notre objectifs est de donner à la Loire une chance de dépasser les problèmes qu’elle rencontre et nous savons que ce qu’il faut par exemple pour Saint Etienne n’est pas forcément nécessaire pour le pays roannais, la plaine et les monts du Forez, le Pilat, le Giers ou l’Ondaine… Donc notre expertise offrira un véritable plus. Il y aura aussi les Européennes en juin 2014 où nous allons nous battre pour que notre territoire soit dignement représenté.
Enfin sur cette base de travail, nous voulons continuer à incarner l’alternative à la bipolarisation de la vie politique de notre pays. Nous savons pouvoir compter sur de nombreux militantes et militants et nous allons continuer à en accueillir de nouveaux.
Propos recueillis par Patrick Françon